Transmutations – 2025
Du 6 au 14 décembre 2025 / 11h-18h / vernissage 6 décembre 16h
Galerie Tirelli, rue du Lac 28c https://www.galerie-tirelli.ch/

Dans l’entreprise capitaliste de production de valeur, la poudre noire incarne la violence structurelle qui réduit le vivant en marchandise, permettant ainsi la filtration sociale (eugéniste, raciste, sexiste, classiste, spéciste). Composante-clef des conquêtes coloniales, de la guerre à l’extraction minière, elle atomise les communautés et ressources, préparant le terrain à l’accumulation capitaliste. C’est égalemennt l’agent thermo-chimique du désencerclement et de la destruction du corps social lors des luttes populaires.
Elle illustre ce que Achille Mbembé nomme la nécropolitique : un techno-pouvoir qui, au-delà de réguler la vie (biopolitique foucaldienne), organise l’exposition à la mort. Le développement sidérant des violences anti-émeutes (37 yeux crevés et 4 mains arrachées durant les Gilets jaunes), la justification du génocide des Palestiniens-nes ou les appels à « accepter de perdre ses enfants » dans une guerre généralisée en sont des exemples récents.
Ici la poudre noire a permis de faire exploser des cylindres d’argent, matérialisant cette violence sociale, héritée de la violence coloniale symbolisée par les petits éléments en or. Ces éclatements rappellent aussi les innombrables luttes qui ont renversé des régimes de pouvoir apparemment inébranlables, et interrogent la nécessité de la légitime-défense face à la violence d’Etat.
Les premières grenades chimiques dites “non-léthales” sont produites aux usa vers 1919 mais les grenades détonnantes sont régulièrement employées dans les colonies.
Dans les années 70 apparaissent les premières grenades de désencerlement produisanr un flash et 170 db. Puis les premières grenades projetant des balles en plastique dur sont développées en Israël et Afrique du Sud dans les années 70-80. Durant les Gilets Jaunes la grenade de désencerclement française arrache quatre mains à des citoyens. Elle est remplacée par un modèle projetant des balles en plastique, jugé tout aussi dangereux.
In the capitalist enterprise of value production, black powder embodies the structural violence that reduces living beings to commodities, thereby enabling social filtration (eugenic, racist, sexist, classist, speciesist). A key component of colonial conquests, of warfare, and of mining extraction, it atomizes communities and resources, preparing the ground for capitalist accumulation. It is also the thermo-chemical agent of breakout tactics and of the destruction of the social body during popular struggles.
It illustrates what Achille Mbembe calls necropolitics: a techno-power that, beyond regulating life (in the Foucauldian biopolitical sense), organizes exposure to death. The staggering growth of anti-riot violence (37 eyes destroyed and 4 hands torn off during the Yellow Vests movement), the justification of the genocide of Palestinians, or the calls to “accept losing your children” in a generalized war are recent examples.
Here, black powder made it possible to blow apart silver cylinders, materializing this social violence, inherited from colonial violence symbolized by the small gold elements.
These ruptures also recall the countless struggles that have overturned regimes of power that once seemed immovable, and they raise the question of the necessity of self-defense in the face of State violence.





